jeudi 18 décembre 2014

Rébus littéraire



Hier après-midi, à la sortie de ma conférence à Cambrai, une auditrice m'a fait un petit cadeau (en vignette) : une carte sur laquelle figure un rébus, que je vous invite à déchiffrer, sachant que la réponse donne le sujet de mon intervention.


mercredi 17 décembre 2014

Show devant



Lors du conseil municipal de lundi dernier, il a beaucoup été question de show. Carole Berlemont (PS) a reproché à Xavier Bertrand de faire un "show télévisé", une opération de communication, une forme de publicité au moment des questions par SMS, en fin de séance. De même, Xavier Bertrand a reproché à Olivier Tournay (PCF) de faire un show, de s'exprimer sur la DSP (voir billet précédent) lorsque les caméras de télévision sont présentes. C'est une amusante et fréquente tournure de l'esprit humain : dénoncer chez les autres ce qu'on pratique pour soi. C'est la vieille histoire évangélique de la poutre et de la poussière dans l'oeil.

Pourtant, quand on fait de la politique, n'est-il pas légitime de faire le show, de communiquer sur ses opinions, d'en assurer la publicité ? Un homme politique est forcément un comédien, au bon sens du terme. Ce qu'on lui demande, ce n'est pas d'y renoncer, mais de savoir tenir son rôle. Pour le dire autrement, de façon plus classique : un homme politique est toujours en représentation. Ce qu'on peut reprocher à un homme public, ce n'est pas d'en faire trop en matière de com ou de pub, mais de ne pas en faire assez. En démocratie, les citoyens doivent être informés. Quant aux effets de manches, les électeurs ne sont pas dupes : ils repèrent très vite quand le jeu est bon, juste, motivé et quand il est mauvais, forcé, surjoué. A la limite, mieux vaut un excès de communication (pas forcément bon) qu'une absence de communication (toujours mauvais).

Lorsque Carole Berlemont reproche à Xavier Bertrand de faire son show à la fin du conseil municipal, elle oublie que c'est dès le début et tout au long de la séance que le maire fait son show, et que c'est très bien comme ça (pour lui en tout cas). Et si la gauche pense que ses réponses aux questions par SMS relèvent de l'opération publicitaire, il faut alors qu'elle se lève et parte, pour ne pas se transformer en spectateurs passifs de ce "show télévisé" (c'est ce que j'avais conseillé dans le billet portant sur le précédent conseil municipal). A ne pas le faire, on est incohérent avec soi-même, on se condamne. Lorsque Xavier Bertrand reproche à Olivier Tournay d'en faire trop devant les caméras, il oublie lui aussi que le conseiller municipal communiste est dans son droit et même son devoir, qu'il fait son boulot d'opposant, avec les moyens médiatiques qui se présentent à lui (c'est d'ailleurs le maire qui a fait entrer la télévision dans la salle du conseil).

Mine de rien, le conseil municipal de lundi dernier a opéré une petite révolution, avec sa diffusion en direct sur MATELE. Soit dit en passant, personne ne s'étonne de cette retransmission, sur la chaîne locale, d'un événement politique, du plus politique des événements de la ville, alors que le cahier des charges de cette télévision excluait d'aborder, à ce qu'il me semble, les sujets politiques et polémiques. Mais puisque je suis le seul à poser la question, c'est que je dois probablement avoir tort ...

Revenons à la petite révolution : avant l'entrée de la télé, il fallait savoir bien parler pour siéger efficacement en conseil municipal, surtout quand on est dans l'opposition. En passant de la simple voix à l'image, ça change beaucoup de choses : il faut désormais être aussi télégénique, bien passer à l'écran. D'autant que les séances publiques, vues du balcon, n'étaient pas très fréquentées. Avec le passage à la télé, beaucoup plus de gens vont regarder, les séances du conseil municipal vont gagner en importance et en influence politique (toutes choses égalent par ailleurs).

Pour l'opposition, il faudra beaucoup plus soigner ses interventions. La prise de parole est une épreuve, mais l'apparition à l'image encore plus. Xavier Bertrand a l'air frais comme un gardon et débordant d'énergie, ce qui lui est facilité par la maîtrise du micro. Carole Berlemont et Marie-Anne Valentin (PS), qui sont côte à côte, apparaissent un peu tristounettes et fatiguées. A l'écran, Olivier Tournay et Jacques Héry (PS) sont ensemble. Olivier a une belle petite gueule médiatique, c'est un "bon client", comme on dit dans le jargon. Mais l'effet de contraste est désastreux pour Jacques Héry, passif (du moins dans la séance de ce mois-ci), regardant de tout côté, donnant l'impression de se demander ce qu'il fait là, avec un imperturbable sourire de Bouddha. Ces remarques sont bien sûr de pure forme et ne préjugent pas de ce qui se passe dans les têtes, ni des efforts consentis (peut-être des souffrances éprouvées, qui ne sont pas à moquer). Mais les faits sont là : en introduisant la télévision dans le conseil municipal, on le transforme forcément en émission de télévision, qu'on le veuille ou non.

Xavier Bertrand en sera-t-il le bénéficiaire ? Je n'en suis pas certain. C'est une bête politique qui sait contredire, anéantir et ridiculiser ses adversaires, c'est un bon communiquant, mais l'image est quelque chose de rebelle qui peut facilement se retourner contre son instigateur. Déjà, Olivier Tournay lui résiste, le met parfois en difficulté, ce dont le maire certes se sort aisément. Mais dans la lutte de David contre Goliath, c'est le petit qui a tout à gagner et le grand qui a tout à perdre.

Xavier Bertrand n'avait pas besoin de la télévision pour asseoir son autorité et sa popularité. En faisant du conseil municipal un spectacle de télévision, il prend un risque, dont il pouvait se passer. Le maire est bon, soit. Mais c'est aussi parce que ces opposants ne sont pas très bons, n'ont pas le métier qu'il a : la nouvelle version de David contre Goliath, c'est le combat de l'amateur contre le professionnel. Sauf que trop d'aisance, de condescendance, d'ironie à l'égard de ses adversaires peut lui nuire. Qu'on se souvienne de ce qui s'est passé, à la télévision justement, face à Nicolas Totet : la réaction d'indignation à la question du journaliste (sur la succession de Pierre André) n'a pas été profitable à Xavier Bertrand, c'est Nicolas Totet qui en a tiré tout le bénéfice médiatique, en apparaissant comme une victime.

Bref, puisque les caméras sont là, et un peu partout dans le monde d'aujourd'hui, faisons avec. A Saint-Quentin même, la médiatisation va changer la vie politique, même si celle-ci, dans ses ressorts fondamentaux et éternels, restera à l'identique.

mardi 16 décembre 2014

La DSP, par principe



Le conseil municipal d'hier soir a essentiellement débattu de la DSP, délégation de service public, c'est-à-dire l'attribution de la gestion de certaines manifestations, surtout sportives, à des entreprises privées. A Saint-Quentin, c'est jusqu'à présent la société de Pascal Cordier qui a obtenu le contrat. J'ai toujours défendu dans son principe cette procédure, qui est utilisée dans de nombreuses municipalités socialistes. Toutes les activités sportives ou culturelles ne peuvent pas être organisées par une municipalité. Pour des raisons d'efficacité, de baisse des tarifs, de rentabilité, de savoir faire, il est légitime de s'adresser à des professionnels. Les services municipaux ou les associations ne peuvent pas tout faire. Dans notre ville, les uns et les autres sont déjà très pris.

Une fois ce principe posé, il reste à procéder à des choix, mesurer avec pertinence ce qui doit être traité par le service public et ce qui est confié au secteur marchand. Olivier Tournay, élu communiste, rejette toute délégation de service public, en cohérence avec sa philosophie politique, qui n'est pas la mienne. La précédente opposition, où les socialistes composaient avec l'extrême gauche, refusait également la DSP. La nouvelle opposition socialiste, par la voix de son chef de file Michel Garand, avait exposé, dans l'un des premiers conseils municipaux de cette mandature, une position tout à fait conforme au réformisme qui est le mien et celui du PS : se distinguant alors d'Olivier Tournay, Michel Garand n'avait pas écarté par principe la DSP, mais demandé à ce qu'une réflexion soit menée sur son application. C'était parfait.

Hier soir, par la voix de Carole Berlemont (Michel Garand étant absent), la position a changé du tout au tout, pour s'aligner peu ou prou sur Olivier Tournay : rejet de la DSP ! C'est incompréhensible et inacceptable. Si le parti socialiste à Saint-Quentin veut être crédible, s'il veut retrouver le soutien des électeurs, il faut qu'il se prépare à gérer la ville, à montrer qu'il en a les capacités, qu'il est en mesure d'exercer les responsabilités. Olivier Tournay n'a pas ce souci : il est dans une logique protestataire, qui ne s'embarrasse pas des questions d'intendance. Comment pourrions-nous promettre aux Saint-Quentinois la municipalisation des activités, ou bien les faire assumer par les seules associations ? Ca me semble impossible, irréaliste, relevant plus de l'idéologie que du discernement politique. Je n'ai vraiment pas envie de revoir les dérives et les régressions dont nous avons souffert à gauche pendant six ans, privant le parti socialiste de présenter localement une alternative sérieuse. Avec Michel Garand, je pensais que la page avait été définitivement tournée ...

Ceci dit, je dois aussi avoir l'honnêteté de reconnaître qu'Olivier Tournay a été hier très bon dans son rôle de conseiller municipal d'opposition : il est à l'aise, sait intervenir sans lire son papier, a de la répartie, travaille ses sujets et met à plusieurs reprises Xavier Bertrand en difficulté, ce qui est un exploit qui mérite félicitations. Je ne lui trouve qu'un seul défaut, mais de taille : il n'est pas socialiste ! Sur la DSP, ses remarques et ses questions sont judicieuses, utiles au débat, mais elles ne me font pas changer d'avis sur le principe : il est bon qu'une municipalité ait recours, quand c'est nécessaire, à cette possibilité.

La séquence s'est terminée de façon surréaliste, et même grotesque, au moment de désigner les membres de la commission chargée d'examiner les candidatures et les offres pour la DSP. Olivier Tournay, certain de ne pas être élu, n'avait pas postulé. Xavier Bertrand l'a fait changer d'avis, en lui promettant de voter personnellement pour lui ! Problème : il fallait à Olivier un suppléant, mais il est le seul communiste. Qu'à cela ne tienne, Xavier Bertrand lui en a trouvé un, son voisin, Jacques Héry, socialiste, qui a accepté, tout en disant qu'il ne voterait pas pour lui ! (et pour cause : le PS présentait Michel Garand). Il y a d'ailleurs incohérence à contester le principe de la DSP et à siéger volontairement dans une commission chargée de sa mise en oeuvre. Résultat du vote : Olivier Tournay a eu ses deux voix ! Je me demande ce que les spectateurs ont pu comprendre à ce tissu d'absurdités. Si Xavier Bertrand avait voulu ridiculiser l'opposition pour faire oublier les banderilles que lui plantait Olivier Tournay, il ne s'y serait pas pris autrement ...

lundi 15 décembre 2014

Mourir sans souffrir



Au lieu de discutailler inutilement sur le passage de 5 dimanches à 12 dimanches de commerces ouverts dans les zones touristiques, les socialistes feraient mieux de parler du remarquable projet de loi sur la fin de vie, proposé conjointement par Alain Claeys, PS, et Jean Léonetti, UMP (mais là aussi, je suppose que certains vont trouver le moyen de s'opposer, afin de nourrir leurs détestables petits calculs d'avant-congrès socialiste).

La méthode est exceptionnelle et exemplaire : sur un sujet de société, aussi délicat que celui-là, il est bon de rechercher le consensus (le compromis, non : on ne passe pas des arrangements à propos de la vie et de la mort). Associer deux sensibilités politiques opposées, les amener à travailler ensemble, voilà l'idée. Que l'une de ces personnalités, Jean Léonetti, soit conduit à réfléchir sur sa propre loi d'il y a 10 ans pour la revoir, la questionner, la compléter, c'est très pertinent. François Hollande a choisi une démarche d'une grande hauteur de vue politique. A tel point que j'en viens à me demander s'il n'aurait pas fallu opter pour une procédure similaire pour réformer le mariage civil et l'ouvrir aux couples homosexuels : la France aurait peut-être fait l'économie de déchirements inutiles.

Le résultat est du même niveau que la méthode : habile, pragmatique, intelligent. L'euthanasie pure et dure n'est pas acceptable. Un "droit à la mort" est une abomination, autant que l'expression barbare et inhumaine de "suicide médicalement assisté". Mais "l'acharnement thérapeutique" n'est pas plus acceptable : laisser végéter et souffrir un grand malade en état irréversible est d'une égale cruauté. Philosophiquement, le débat ne sera jamais clos entre ceux qui réclament la mort dans la dignité et ceux qui défendent la vie à tout prix. Pour sortir de ce dilemme, Claeys et Léonetti sont partis d'un point qui fait consensus : la souffrance intense et incurable est inacceptable, il faut tout faire pour la soulager. Leur projet de loi découle de cet objectif.

On ne fait pas mourir (l'euthanasie), mais on laisse mourir, en cessant les traitements, en plongeant le patient dans un sommeil profond et continu, de façon à ce qu'il s'éteigne sans souffrir. La décision suppose l'accord du patient, qui s'imposera alors au médecin, sans refus possible. Voilà une très grande loi, ingénieuse et humaine. On se demande même pourquoi on n'y a pas pensé avant ? Mais quand les débats idéologiques et partisans prennent le dessus, il n'y a que l'affrontement, et l'esprit de consensus se délite au profit des intérêts particuliers. Oui, ce projet, s'il est adopté en janvier prochain par le Parlement, sera à l'honneur du gouvernement et de la majorité.

dimanche 14 décembre 2014

Les livres aussi ont un destin



Philippe Lacoche était hier matin en séance de dédicace chez Cognet, notamment pour son récent ouvrage "Les dessous chics", un recueil de ses chroniques du dimanche dans le Courrier picard, de 2005 à 2010. A Emmaüs, j'ai découvert, il y a peu, un livre de Philippe déjà ancien d'une vingtaine d'années, "Des petits bals sans importance", avec une longue dédicace de sa main, sur un ton familier et tutoyant, adressée à un certain Fred. J'ai acheté, me disant que je pourrai le lui montrer. Et puis, je me suis repris : un livre qu'on a pris soin de faire dédicacer, on le garde précieusement chez soi, on ne s'en débarrasse pas, ni ne le donne. Bref, la curiosité amusante pouvait sans le vouloir vexer son destinataire. Et si la personne était décédée ? Cette autre hypothèse n'était guère plus réjouissante. Bref, j'hésitais, je verrai bien sur place, devant lui.

Un argument m'a décidé à sortir le roman dédicacé de mon sac : Philippe Lacoche est un écrivain de la nostalgie, sans cesse tourné vers son passé. Je me suis dit qu'un tel homme ne pouvait pas être gêné par mon geste, quoi qu'il arrive. J'ai bien fait de renoncer à mes préventions : Philippe Lacoche a ouvert timidement le livre, relu
ses mots écrits en 1997, surpris et ému par une telle découverte. Fred, c'était un cher copain à lui, aujourd'hui disparu. Surprise dans la surprise : "Les dessous chics" évoquent sa mémoire, p. 98, "So long, Fred ...".

Je n'ai jamais cru à ces histoires de naufragés qui jettent une bouteille à la mer dans le golfe du Mexique, qu'on retrouve des années plus tard sur les plages de la côte picarde. Il y a un peu de ça dans notre histoire. Par quelle suite de hasards et de coïncidences, entre quelles mains ce bouquin est-il passé pour venir jusqu'à moi, et de moi jusqu'à lui, Philippe Lacoche ? N'ai-je pas été l'intercesseur d'une incroyable providence ? Nous savons que les (bons) livres ont une âme ; mais ils ont aussi un destin. Ils ne meurent que par la destruction. Sinon, ils continuent leur vie, on ne sait trop où, jusqu'à ce local d'Emmaüs à Saint-Quentin.

C'est bête à dire, encore plus à écrire : une larme a discrètement coulé sur la joue de Philippe, une seule, une vraie, comme je n'en vois jamais, surtout pas sur mon visage. Après ça, on a envie de se taire. Mais je suis là pour vous parler : Philippe Lacoche fait partie de ces hommes qui pleurent, comme cet autre écrivain dont je suis un admirateur inconditionnel, Gabriel Matzneff, rencontré samedi dernier à Paris, à l'Institut Saint-Serge (il m'a donné son adresse électronique, on doit se revoir).

Quel rapport pourtant entre le petit prolo communiste de Tergnier et le russe blanc orthodoxe ? Une même sensibilité : la mélancolie du passé, le sens de l'amitié, l'amour des femmes, le goût de la liberté, la critique de la société contemporaine ... Je ne connais pas tout Lacoche, mais c'est en lisant "Des rires qui s'éteignent" que la proximité entre les deux écrivains m'a frappé. Leur sensibilité, c'est une sensualité très fine, très prenante (le chapitre 9 des "Rires qui s'éteignent" est plein d'odeurs). Sensations, odeurs, pleurs, tout ça va ensemble.

Quand Philippe Lacoche a terminé de me faire sa dédicace, je me suis dit que ce livre que j'emportais chez moi aurait lui aussi, un jour, son propre destin, lorsqu'il m'aura échappé, que je ne serai plus de ce monde. Alors, peut-être que quelqu'un le découvrira quelque part, avec sa dédicace, qu'il sera intrigué, qu'il essaiera d'en savoir plus ... Jusqu'où iront-ils, nos livres dédicacés qui voyagent ainsi à travers les années et les lieux ? Ces quelques phrases, souvent banales, prennent au fil du temps une valeur inestimable. N'oubliez pas, à Emmaüs ou chez un bouquiniste, de regarder les premières pages d'un livre que vous feuilletez : elles vous raconteront peut-être toute une histoire.

samedi 13 décembre 2014

Tout un cirque



La dernière fois que j'ai assisté à un spectacle de cirque, c'était sur un canapé, devant ma télé, la Piste aux Etoiles, présentée par Roger Lanzac. C'est vous dire s'il y a longtemps que je n'ai pas vu ce genre de divertissement ... Hier soir, place du Champ de foire, le Grand Cirque de Noël m'a vraiment enchanté (vignette 1, le final, en présence de tous les artistes, rejoints juste après par le Père Noël). Au départ, je n'étais pas très convaincu : le cirque, c'est surtout pour les enfants. Tout compte fait, non. Ce que j'ai retenu : grâce et force dans les démonstrations. Même si je crains toujours que l'acrobate tombe de son fil, que le jongleur laisse échapper sa quille ou que la bête ne se précipite sur le dompteur.

Le cirque a beaucoup changé depuis Roger Lanzac : les lumières nous en mettent plein les yeux, c'est un vrai show, très rythmé, sans temps mort. L'orchestre est toujours là, au dessus de l'entrée des artistes, jouant la fameuse musique de cirque, un genre à part entière, joyeuse, entraînante. J'ai regretté l'absence des grands fauves et des trapézistes. Ceci dit, je me suis régalé, c'était parfait. Le plus impressionnant, c'est bien sûr le numéro avec l'éléphant. Mais j'aime beaucoup aussi le magicien qui arrive sur la piste en moto, fonce dans la cabine où a été enfermée sa partenaire ... qui évidemment a disparu !

Certaines prestations sont d'incroyables exercices sportifs, des épreuves d'athlètes et de gymnases. Pas de séquences clownesques particulières, mais un seul clown, Johannès, présent tout au long des deux heures et quart de spectacle, double perturbateur et comique de Monsieur Loyal, s'autorisant tout, allant jusque dans le public, y compris à vélo ! A la fin, autre innovation, les artistes forment une double rangée d'honneur pour saluer le départ des spectateurs (vignette 2, Johannès au premier plan).

On médit beaucoup du cirque, on lui reproche d'être un art mineur, on dénonce l'exploitation des animaux. C'est faux ! Le cirque est un merveilleux art populaire, qui ne fait caqueter que nos petits-bourgeois. Les animaux y sont soignés, aimés ; ils deviennent les partenaires des hommes, c'est beau à voir. Certes, ils ne sont pas libres, pas plus que la vache dans son champ qu'on rentre le soir à l'étable, qu'on va traire ou qu'on va manger. Et puis, l'éléphant est-il plus heureux dans sa jungle, à la merci de n'importe quoi, des catastrophes, des maladies et des prédateurs ? Je sens, dans le spectacle de cirque, beaucoup de respect pour l'animal, un hommage qu'on lui rend dans le travail qu'il effectue de concert avec l'homme.

Demain dimanche, trois dernières représentations vous attendent. Ne les ratez pas, "mesdames, messieurs et vous aussi les enfants", comme on dit au cirque.

Original et copie



J'ai trouvé ce prospectus (en vignette), ce matin, à la Poste de Saint-Quentin. Ca ne vous rappelle rien ? Je devrais peut-être demander des droits d'auteur ...