mercredi 27 août 2014

Paris insolite



Les images insolites dans la capitale ne manquent pas. Cette belle locomotive d'autrefois n'est pas un jouet d'enfant, mais une vraie, grandeur nature, et pas dans une gare parisienne, mais un lieu public, visible de tous (vignette 1). De même, ce dragon qui donne l'impression de plonger non pas dans l'océan mais le bitume (vignette 2), puis qui ondoie à travers le mur, sans qu'on voit jamais sa tête (vignette 3). Enfin, cette jeune asiatique au chapeau caractéristique pêche dans la Seine (vignette 4). Saurez-vous retrouver les endroits précis de ces scènes insolites ?

Trois ans pour gagner



La crise politique que nous avons traversée pendant 48 heures a pris fin avec la nomination, hier, du nouveau gouvernement. Pour les socialistes, ce n'est pas forcément le malheur qu'on croit, même s'il aurait mieux valu s'en passer. D'un mal peut surgir un bien, et je crois que c'est le cas, pour trois raisons :

1- L'autorité : c'est l'essence même du politique. Le président et son Premier ministre ont été rapides, nets et sans bavure : les protestataires virés, tous les ministres démissionnés, les entrants, anciens et nouveaux, s'engageant sans ambiguïté à être fidèles.

2- La ligne : elle est confortée, le gouvernement est désormais à 100% social-démocrate, il n'y a plus de débat possible ou d'autre politique imaginable. Les réformes en cours seront poursuivies jusqu'à leur terme, assumées et défendues devant les Français.

3- L'équipe : pas de surprise, et c'est tant mieux. Des surprises, il y en a eu assez ces dernières heures ! Le gouvernement est cohérent, compétent, technique. Fini, les savants dosages entre les courants, les alliés, la société civile : priorité à l'expérience.

Avec cette nouvelle donne, je crois aux chances de François Hollande. Les socialistes, ce soir, ont toutes les raisons d'espérer et d'être satisfaits. D'abord, parce que le PS est au pouvoir, et que c'est l'essentiel en politique. Arnaud Montebourg et Benoît Hamon n'ont plus que leurs yeux pour pleurer leur erreur : en dehors de l'appareil d'Etat, ils ne sont plus grand chose, des électrons libres, qui ne seront pas suivis. Ensuite, parce que François Hollande dispose de la durée, trois ans, ce qui n'est pas rien : beaucoup de choses, dans ce laps de temps, peuvent se passer, dont la plus importante à nos yeux, la réussite de la politique économique. Enfin, le président dispose d'une majorité à l'Assemblée nationale, avec ou sans les frondeurs, et c'est l'essentiel.

Reste maintenant à mettre le parti en ordre de marche. Jean-Christophe Cambadélis a commencé à s'y employer. Le remaniement gouvernemental doit avoir en quelque sorte son équivalent à tous les niveaux de l'appareil, en vue du prochain congrès, qui lui aussi devra être celui de la clarification. Chaque fédération, chaque section doivent se donner les hommes et les femmes qui n'ont qu'une chose à l'esprit : vouloir la réussite du gouvernement, pratiquer la pédagogie des réformes, multiplier les adhésions, s'engager dans le débat public. Il n'y aura pas de nouvelle chance, le sort en est jeté : nous avons trois ans pour gagner.

lundi 25 août 2014

Des ministres irresponsables



Arnaud Montebourg et Benoît Hamon sont des ministres irresponsables. Alors que la France traverse de grandes difficultés, alors que le président de la République chute dans les sondages, alors qu'une partie de la gauche conteste le gouvernement, ils ne trouvent pas mieux que d'adresser des critiques publiques à un exécutif dont il font partie. C'est ce qu'on appelle, précisément, être irresponsable.

Montebourg nous explique qu'il a contribué à lancer un débat au sein du gouvernement. Mais une équipe gouvernementale n'est pas un club de pensée, un cercle de réflexion, un lieu de débat. Un exécutif, comme son nom l'indique, est chargé d'exécuter, d'agir, d'appliquer une politique, pas d'en débattre, d'y réfléchir, encore moins de la contester. Il y a, dans le personnage qu'a joué hier Montebourg à Frangy, de la légèreté, de la désinvolture, de l'irresponsabilité. A voir ce triste spectacle, quand on est socialiste, c'est insupportable.

Hamon ne vaut pas mieux. Il nous assure de sa loyauté, faux cul comme il n'est pas permis. Il se dit proche des frondeurs, ce qui est un comble quand on est ministre. Il prétend peser en interne sur la ligne du gouvernement : comme si c'était de la responsabilité d'un ministre ! Pour qui se prend-t-il ? Pour ce qu'il a été toute sa vie : un chefaillon de sous-courant qui négocie des bouts de ficelles dans les nuits fatiguées de congrès. La France, la gauche, le parti socialiste méritent mieux.

Etre responsable, c'est quoi ? Chacun d'entre nous le sait bien, dans sa vie privée comme professionnelle : c'est prendre sur soi, c'est jouer collectif, c'est respecter la hiérarchie et se faire respecter. Montebourg et Hamon ne prennent rien sur eux, se désolidarisent de ce qui ne leur convient pas, jouent perso, ne respectent ni le président de la République, ni le Premier ministre, ni les décisions de leur parti. Ils ont le sens du clan, de leur clan, pas du collectif. Ils n'appellent pas, dans l'exercice de leurs fonctions ministérielles, le respect.

Nous sommes en République, le parti socialiste est une organisation démocratique : chacun est donc libre de penser ce qu'il veut et de s'exprimer comme il l'entend. Ces principes nous sont à tous précieux. Mais la liberté n'exclue pas la responsabilité. Personne n'a obligé Montebourg et Hamon à devenir ministres et personne ne les force à le rester. Je peux comprendre qu'on soit en désaccord avec la ligne du gouvernement, y compris quand on est socialiste : mais alors, on ne prend pas de responsabilité, on n'accepte aucune charge, on ne devient pas élu, on reste militant de base.

A Saint-Quentin, en désaccord avec les orientations et les choix de mes camarades, c'est ce que j'ai choisi de faire. C'est évidemment pénible, tout militant politique a envie d'occuper un pouvoir, d'exercer des responsabilités. Mais quand on n'est plus en phase avec une équipe, on n'y reste pas, on reprend sa parole, qu'on peut alors exercer librement. Ce principe vaut à tous les niveaux politiques, de la simple section jusqu'au gouvernement.

Le Premier ministre, en annonçant ce matin la démission de son gouvernement, a parfaitement pris la mesure de l'irresponsabilité de ses deux ministres et de la crise dans laquelle ils entraînaient le gouvernement. Fermer les yeux et se boucher les oreilles, faire le dos rond, laisser passer, c'était la solution de facilité, et un encouragement donné à toutes les forces antigouvernementales à l'intérieur du parti, qui sapent son autorité et celle du gouvernement, qui n'attendent qu'un signal pour s'agiter encore plus et anticiper la succession de François Hollande. Pour l'opposition de droite, ç'aurait été pain béni. Non, un ministre est par définition quelqu'un de responsable : quand il cesse de l'être, par calcul ou par inconscience, il doit partir.

dimanche 24 août 2014

Toujours d'ATTAC



De quoi a-t-il été question, en politique, cette semaine ? Lundi, Morano met les voiles sur la plage ; mardi, Désir à sa suite enfile son slip de bain ; mercredi, Juppé se rêve en président de la République après un coup de bordeaux ; jeudi, Duflot met le feu à la baraque qu'elle a habitée pendant deux ans ; vendredi, Mélenchon nous fait son énième caca nerveux ; samedi, Montebourg tire dans le dos du gouvernement ; dimanche, Hamon joue au faux cul Monsieur Loyal. Voilà, en résumé, la semaine politique.

Pendant ce temps-là, dans l'ignorance médiatique la plus totale, un mouvement qui, il y a 15 ans, a eu droit à une gloire internationale, que toute la gauche a vénéré et courtisé, se réunissait à Paris : l'université européenne des mouvements sociaux, organisée par ATTAC. Ca vous dit quelque chose, ATTAC, la taxe Tobin ? A Saint-Quentin, l'association a eu une petite antenne, animée par Yvonne Bou et Michel Grévin, des noms qui vous disent peut-être aussi quelque chose. Tout ça a duré quelques mois, et puis pschitt, plus rien. Les caméras se sont éloignées, les lumières se sont éteintes, les militants ont fondu comme neige au soleil. Quand une idée est à la mode, tout le monde rentre dans le moule ; après, c'est fini. Décidément, l'être humain est un chien d'infidèle.

Heureusement, il y a les convaincus, les constants, ceux qui ne plient pas, n'oublient rien. Ils étaient là, hier après-midi, dans les locaux de l'université Paris VII, non loin de la grande bibliothèque François-Mitterrand, dans une ambiance de débat et de fête. Je ne partage pas toutes leurs idées, loin de là, mais je suis touché par leur fidélité à eux-mêmes, à leurs combats, à leurs convictions. Ce ne sont pas des hommes et des femmes qui vont se battre pour être présents à tout prix sur une liste, si possible aux meilleures places, ou qui vont faire des pieds et des mains pour obtenir une quelconque investiture à une élection. C'est pourquoi je les estime, et même les admire. Quoi de plus beau dans la vie que la constance, la fermeté dans ce qu'on croit, l'engagement gratuit ? Et si la vraie politique était de leur côté ?

Et puis, une gauche en mal de grandes idées mais agitée par de petites ambitions devrait se ressourcer, se revivifier en allant regarder chez ceux qui débattent, proposent, même si tout n'est pas forcément bon à prendre. Je n'aime pas l'expression idiote de "société civile" ; mais le "mouvement social", oui, a des choses à nous apprendre, en tout cas infiniment plus que bien des sections vides, glauques et opportunistes des partis politiques.

Il y avait plaisir à voir, hier près des quais de Seine, ce public où se mêlaient des cheveux blancs de Mai 68 et de jeunes frimousses qui étaient encore enfants au moment où ATTAC a été créé. J'aime aussi ce mélange des générations et des traditions. Je crois qu'on appelle ça la vie, avec ses excès, ses débordements (les socialistes n'y sont pas toujours à la fête, mais à tout prendre, je préfère un anti-socialiste de l'extérieur, honnête et sincère, qu'un anti-socialiste de l'intérieur, fourbe et calculateur).


Vignette 1 : Edwy Plenel, dans son discours de clôture de l'université.

Vignette 2 : un public nombreux et attentif, dans le cadre magnifiquement restauré des Grands Moulins de Paris.

Vignette 3 : des sit in, des discussions sur le vif, des représentations théâtrales.

Vignette 4 : les militants d'ATTAC sont facétieux ; ils ont rebaptisé certaines rues du quartier.

samedi 23 août 2014

Pour la bonne cause



Je vous invite à me retrouver, samedi prochain, au Centre culturel Léo Lagrange, à HARLY, où j'animerai à 15h00 un débat sur les discriminations qui frappent les personnes handicapées, dans le cadre de la journée de lutte et de revendication sur ce thème, intitulée "Une seule et même partition". Une trentaine d'associations locales contribueront à cette initiative, dont SQBB et les Stimulants. Tout au long, vous pourrez participer à de nombreuses activités, jeux, chansons, carnaval des enfants, etc. Le déjeuner sur place est possible. Venez faire un tour, ne serait-ce qu'un court instant : c'est pour la bonne cause !

vendredi 22 août 2014

L'échec d'une stratégie



Le départ de Jean-Luc Mélenchon de la direction du Front de gauche n'est pas à mettre sur le compte d'un tourment psychologique (stress, déception, lassitude), mais il signe l'échec d'une stratégie : celle de faire exister à la gauche du parti socialiste une alternative politique, une gauche de la gauche ou une gauche radicale, selon les termes habituels. La leçon à en tirer, c'est qu'il n'y a pas pour Mélenchon de vie possible à l'extérieur du PS, encore moins contre le PS, sauf à rejoindre l'extrême gauche pure et dure. 5 raisons peuvent être invoquées :

1- Le PCF, principal parti du Front de gauche, est lié électoralement au PS, aux réformistes, à ceux qu'on appelle aujourd'hui les sociaux-démocrates. On l'a vu aux dernières élections municipales, au grand dam de Jean-Luc Mélenchon, mais c'est de l'histoire ancienne : si le PCF était un parti révolutionnaire, voulant rompre avec le système, on l'aurait su et vu en 1945 et en 1968. A chacun de ces rendez-vous avec l'Histoire, le PCF n'a pas couru l'aventure révolutionnaire. Ce n'est pas avec Mélenchon qu'il s'y engagera en renonçant à son parlementarisme et à ses alliances électorales.

2- Les écologistes, malgré un discours parfois radical et un antisocialisme de façade (dernier épisode, le livre de Cécile Duflot, voir le billet d'hier), sont portés vers le pouvoir et vers le PS, même si ce sont des partenaires inconstants, pusillanimes, velléitaires. Les places à occuper, les responsabilités à prendre les ramènent au principe de réalité, qui veut en politique qu'en dehors du pouvoir, on ne fait rien et on n'est rien. Jean-Luc Mélenchon a toujours eu du mal à rallier les écologistes à sa cause.

3- L'aile gauche du PS, critique et turbulente, pouvait laisser espérer une implosion du parti, une fraction venant renforcer la gauche de la gauche. Mais là encore, c'est une illusion : l'aile gauche aboie mais elle ne mord pas, et le moment venu, elle retourne à la niche. C'est l'histoire du parti depuis toujours : jamais l'aile gauche n'a été en capacité d'influer sur sa ligne politique, sauf à la marge, dans les ajustements qui ne changent pas grand chose. L'aile gauche ne remporte que des victoires de congrès, lorsqu'il s'agit de se partager les postes ou d'obtenir les investitures. Pour le reste, c'est rien, seulement le gentil alibi au débat démocratique.

4- L'extrême gauche reste fondamentalement indépendante et hostile à la gauche parlementaire. A ses yeux, Jean-Luc Mélenchon, avec son long passé de socialiste, n'est qu'un électoraliste, un opportuniste, un réformiste comme les autres, pas très différent des "solfériniens" que Méluche pourtant dénonce. L'extrême gauche ne se lie à la gauche que pour des raisons tactiques, très ponctuelles et provisoires, à des fins d'instrumentalisation (on l'a vu, à un petit niveau local, à Saint-Quentin, lors de la précédent mandature municipale).

5- L'extrême droite et ses succès électoraux marquent l'échec le plus grave de la stratégie du Front de gauche, qui n'a pas réussi à arracher les milieux populaires, son électorat naturel, de l'influence du Front national. En matière identitaire, c'est une catastrophe : comment peut-on se réclamer du peuple en souffrance quand ce peuple vote Le Pen ?

Ce matin, rue des Glatiniers, je suis tombé sur cette belle affiche du PCF-Front de gauche, Jaurès tout en rouge, qui traduit bien les incertitudes idéologiques de sa stratégie. D'abord, Jaurès aurait été surpris de voir son nom associé au communisme, alors qu'il était fondamentalement réformiste, républicain, et pas révolutionnaire.

Ensuite, il y a le slogan du haut : "Quand on est de gauche ... on est du côté des salariés", qui sonne comme une évidence, qui ressemble à une tautologie : oui, et alors ? Le parti socialiste, le gouvernement sont du côté des salariés. Que le Front de gauche en reste au sous-entendu, sans effort de démonstration ni de preuve, est éloquent : on est implicite, allusif quand on est incapable d'argumenter, d'expliciter.

Enfin, cerise sur le gâteau, le slogan en bas de l'affiche : "Jaurès, réveille-toi, ils sont devenus fous". C'est qui, ce "ils" ? Décidément, le Front de gauche n'arrive pas à s'extraire de l'inconscient. Moi, ce qui m'intéresse, c'est la conscience politique et historique : cette formule est reprise du soulèvement de Prague, contre les chars soviétiques, "Lénine, réveille-t-on, ils sont devenus fous". Prague 1968, c'est l'impossibilité d'un "socialisme à visage humain" comme on disait à l'époque, c'est l'échec du communisme à vouloir émanciper les peuples. Cette affiche, en vignette, relève donc d'un magnifique lapsus, s'accusant elle-même. Voilà ce qui arrive lorsqu'on joue avec l'inconscient, qu'on se refuse à s'exprimer directement et explicitement.

André Malraux disait, dans les années 60, à propos des gaullistes dont il était : entre les communistes et nous, il n'y a rien. Aujourd'hui, un socialiste peut dire, à juste titre : entre l'extrême gauche et nous, il n'y a rien. En tout cas, il n'y a plus Jean-Luc Mélenchon. Entre la social-démocratie et la révolution, il y a des rêves, des illusions, des postures, mais pas d'alternative.

jeudi 21 août 2014

La soupe de Duflot



Je n'aime pas Cécile Duflot. Je n'ai jamais aimé Cécile Duflot. Je n'aimerai jamais Cécile Duflot. Mon mépris a le mérite de la constance. Quand je dis : "je n'aime pas Cécile Duflot", ce sentiment n'a rien de personnel : je ne connais pas cette dame en privé ; peut-être est-elle plus sympathique, plus généreuse, plus intelligente que moi ... Mon jugement n'est pas moral, ni psychologique : c'est la femme publique que je déteste, c'est son comportement politique que je réprouve absolument. Tous ceux qui agissent comme elle, et ils ne sont pas rares, y compris dans mon parti, je les condamne avec la même virulence.

Bien sûr, ce n'est pas l'écologiste qui suscite mon haut-le-coeur. J'adore les coups de gueule rafraîchissants de Daniel Cohn-Bendit, j'apprécie la personne et l'action de José Bové, j'ai de l'estime pour le travail intellectuel d'Alain Lipietz, j'éprouve de la considération pour le parcours de Noël Mamère, et je pourrai en citer d'autres. Surtout, le parti écologiste représente une contribution précieuse et essentielle au développement de la gauche, et il est l'allié naturel du PS. Non, ce qui fait que je n'aime pas Cécile Duflot ne réside pas dans ses idées, sa sensibilité, mais véritablement dans son comportement politique.

Le livre qu'elle va bientôt publier, et dont nous connaissons les bonnes pages (c'est-à-dire les plus infectes), illustre parfaitement ce détestable comportement, qu'on peut facilement décrire en quelques mots : agir non pas selon ses convictions mais selon les circonstances, se positionner de la meilleure façon possible pour obtenir une place ou un pouvoir quelque part. Vous me direz sans doute que c'est classique, que la politique a toujours connu, à tous les niveaux, ce comportement-là : oui, je sais, et c'est précisément pourquoi je le déteste ! L'habitude et la fréquence ne légitiment pas un comportement.

Qu'on critique violemment Hollande, Valls et le gouvernement, ça ne me choque nullement : la politique est faite de violence, aujourd'hui verbale, autrefois physique. Pour tout vous dire, ce côté-là ne me déplaît pas du tout, il m'arrive moi-même d'être quelquefois violent avec mes adversaires, et je crains que ça ne s'arrange pas avec l'âge. Non, ce qui me choque, ce qui me révulse, ce que je haïs, c'est cette façon de retourner sa veste et de cracher dans la soupe. Duflot, en entrant il y a deux ans au gouvernement, savait parfaitement qui étaient Hollande, Valls, les socialistes et leur ligne politique, qui n'a pas varié, qui n'a pas changé en deux ans. Alors, que vient-elle nous raconter aujourd'hui ? Elle nous fait croire qu'elle découvre la Lune ! J'ai plutôt l'impression que c'est elle qui était sur Mars ... Ses leçons de morale sur la sincérité et la fidélité me sortent par les yeux, parce qu'elles sont une montagne d'hypocrisie.

Il y a deux ans, François Hollande était populaire, Cécile Duflot le soutenait. Aujourd'hui, il est impopulaire, elle le lâche. Lâcher, lâcheté, voilà ce qui me débecte. Au contraire, parce que Hollande est impopulaire, parce qu'il est en difficulté, il faut plus que jamais le soutenir, le défendre, quand on a choisi depuis le début d'être à ses côtés. Duflot est une maligne, elle sent le vent : elle tape aujourd'hui sur le président comme hier elle lui servait la soupe. Avec elle, la politique, ce sera toujours une histoire de soupe. Je n'aime pas, je n'ai jamais aimé, je n'aimerai jamais Cécile Duflot.